Camille Poul

Soprano

La Voix Humaine

jeudi 9 mars 2017

Le goût du malheur, Poulenc
La voix Humaine, Poulenc-Cocteau
Fleurs, tiré des fiançailles pour rire Poulenc

Camille Poul, soprano

Jean Paul Pruna, Piano
http://www.janielalande-musilyre.com/portfolio/pruna-jean-paul/

Agnès De Brunhoff, regard scénique
http://www.centrealexander-adebrunhoff.fr/agnes.html

extrait vidéo du spectacle - captation live en novembre 2014 par Diana Gandra :
https://youtu.be/zfU1TrrlgXs

"Un époustouflant monologue qui est une mise à nu de la passion amoureuse de la main de Poulenc sur un texte de Cocteau, une "tragédie lyrique" bouleversante qui fait une part royale à la voix seule... Il faut une voix, une présence exceptionnelle, ce dont Camille Poul ne manque pas, pour tenir la partie de cette femme abandonnée, qui, au téléphone, seule dans le désordre de sa chambre, tente désespérément de ramener à elle son amant qui l’abandonne. "
Chantal Cuchet, opéra de Lille, novembre 2014.

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« Camille Poul est un mélange de Binoche, Sophie Marceau et Virginie Ledoyen. Voix étonnante de précision, diction parfaite, or La Voix Humaine, c’est une heure seule en scène, et qu’il faut JOUER. le « Je t’aime » final est digne du « Je ne vous aime pas » du « Madame de » de Max Ophüls."
Culturebox.tv.fr - Bertrand Renard - Pour La Folle Journée de Nantes 2015.

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Le directeur de La folle journée choisit 10 spectacles parmi plus des 300 qui se déroulent lors de La Folle Journée 2015 :
« Les coups de cœur et les passions du patron : (…) C’est la Voix Humaine de Poulenc, sur des paroles de Jean Cocteau. Une rupture amoureuse au bout du fil avec la soprano Camille Poul. »
Yves Aumont et Béatrice Limon, interview de René Martin pour Sud-Ouest, janvier 2015.

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A propos de la mise en espace de La Voix Humaine, par Agnès De Brunhoff

« Monter la Voix Humaine avec Camille Poul et Jean-Paul Pruna, c’était se confronter au choc des générations, imaginer ce qu’une jeune femme d’aujourd’hui peut casser de l’inévitable représentation de la « femme vieillissante plaquée par son amant » qui pleure au téléphone.
Ce mélange de fraîcheur et de pétillance qui se dégage de Camille Poul tord le cou au cliché d’une obligatoire victimisation de la femme abandonnée par un homme indifférent, déjà parti ailleurs.
La force de vie que Camille amène dans la pièce par sa voix, son instinct expressif permettent d’introduire du rire, de l’absurde sur ces « oui mon chéri », alors que l’homme la promène à travers les lâchetés de ses mensonges, dans une indifférence palpable.
En contrepoint, l’émotion pianistique et l’empathie expressive que Jean-Paul vient lui offrir en partage permet aussi de sortir de la caricature de l’homme égoïste et pressé d’en finir avec son ancienne maîtresse qui se dégage du texte.

Tout notre travail s’est élaboré peu à peu, au plus près de la partition à travers les corps de ces jeunes interprètes qui se confrontent avec les « Allô » et les accords de cette rupture, en leur imprimant leur âge, leur vitalité, leur imaginaire.
Ainsi c’est tout naturellement que l’interprétation de Camille révèle au fur et à mesure la contradiction pleine de mystère et quasi symbolique entre la puissance créatrice d’une belle jeune femme qui nous tient en haleine une heure seule en scène, et sa soumission à cet amour qui la maltraite.

Avec ce texte, je tenais à amener les deux interprètes à nous donner une représentation plus équilibrée d’une femme déchirée par une séparation et de l’homme qui l’accompagne,.Je souhaitais donner à partager à travers eux un moment plus proche de la réalité banale, où chacun peut reconnaître ses propres chagrins, retrouver le souvenir de ses propres débats avec la force de l’amour et ses faiblesses.
Nous avons donc relu ensemble ce texte tragique, ces répétitions lancinantes de mots et de musique, et entendu les propositions choquantes de l’amant, tout comme les coupables réactions soumises de l’éternel féminin dans la voix de Camille, bien humaine et bien symbolique. Nous avons découvert les jeux suicidaires avec le fil du téléphone devant l’amour qui meurt et les lassitudes du renoncement raisonnable, dans un éclair de lucidité.

Les personnalités musicales originales, puissantes, de Camille et de Jean-Paul ont laissé jaillir dès la première lecture de la « Voix Humaine » des personnages de frère et sœur –enfants terribles à la Cocteau, d’amants tragiques comme dans les grands classiques du cinéma...
La discrétion habitée de Jean-Paul a fait soudain apparaître, pour ouvrir ce drôle de drame, un musicien titubant à la fin de sa nuit qui reprend conscience de son piano au petit jour… Le corps de Camille, quant à lui se déployant dans la fierté d’une sorte de tango sensuel avec le peignoir vide de son homme.
Impossibles étreintes de part et d’autre de la queue du piano ouvert, océan infranchissable de cordes et de marteaux tendus entre ces deux êtres attirés passionnément l’un vers l’autre à travers la musique des mots et des notes, par les jeux de l’amour qui veut, qui repousse ou se casse…

Piano qui vomit jusqu’au sol des téléphones de toutes époques, symboles de l’éternelle incommunication lors d’une rupture, le vieux cadran blanc jouxtant les portables et chargeurs de toutes générations, et leurs fils sans raccords pendant dans le vide.

Pour finir, mélange de banalité et de transcendance, l’image de Camille vaincue, à genoux, seule dans son drame, quotidienne au point qu’on voudrait aller la consoler, tragédienne d’un lendemain sans espoir, victime immolée comme les personnages féminins de tant d’opéras…
Et Jean-Paul, solitaire soudain, impuissant à la rejoindre, qui éteint le plateau d’un avant dernier accord brutal, avant l’adieu de la toute petite note que les applaudissements ne laissent jamais résonner…. »

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